Guide conformité
Bandeau cookies WordPress : conforme CNIL, pas seulement affiché
Le bandeau cookies est la brique RGPD la plus visible — et la plus mal posée. Sur WordPress, l'afficher ne suffit pas : il faut bloquer les scripts avant le clic, mettre refuser au même niveau qu'accepter, et garder la preuve du choix. Voici les trois exigences CNIL, les erreurs qui déclenchent une amende, et comment installer un bandeau réellement conforme en trois étapes.
Qu'est-ce qu'un bandeau cookies conforme — et pourquoi il est obligatoire
En droit français, la règle de base tient en une phrase : le dépôt d'un cookie non strictement nécessaire suppose le consentement préalable de l'internaute. Elle vient de l'article 82 de la loi Informatique et Libertés (transposition de la directive ePrivacy), précisée par les lignes directrices et la recommandation « cookies et autres traceurs » de la CNIL du 17 septembre 2020. « Préalable » est le mot qui compte : le consentement doit exister avant le dépôt, pas après.
Le bandeau cookies est l'interface qui recueille ce consentement. Conforme, il coche quatre cases : il informe (qui dépose quoi, pourquoi), il permet un vrai choix (accepter, refuser, personnaliser), il empêche techniquement le dépôt tant qu'on n'a pas choisi, et il conserve la preuve du choix. Un bandeau qui informe mais laisse les cookies se déposer quand même n'est pas un bandeau conforme : c'est une décoration.
À ne pas confondre. Le bandeau cookies recueille le consentement au dépôt des traceurs. La politique de cookies est le document qui décrit les cookies utilisés. Ce sont deux briques complémentaires : le bandeau agit, la politique explique. Il faut les deux.
Les 3 exigences CNIL, non négociables
| Exigence | Ce que ça veut dire concrètement | Base |
|---|---|---|
| Accepter et refuser au même niveau | « Tout accepter » et « Tout refuser » côte à côte dès le premier écran, même taille, même nombre de clics. | Reco CNIL 2020 · sanctions Google/Facebook 2021 |
| Personnaliser par catégorie | Choix cookie par cookie / finalité par finalité (mesure, pub, réseaux sociaux), aucune case pré-cochée. | RGPD art. 4(11) · CJUE Planet49 |
| Blocage préalable réel | Aucun cookie tiers ni script (GA, Pixel, YouTube) avant le consentement de la catégorie concernée. | Art. 82 LIL — « préalable » |
Le vrai test : le blocage des scripts avant consentement
C'est là que 8 bandeaux sur 10 échouent. La question n'est pas « ai-je une bannière ? » mais « mes scripts tiers sont-ils vraiment bloqués tant que le visiteur n'a pas cliqué ? ». Les suspects habituels sur WordPress :
- Google Analytics / GA4 — cookies
_ga,_ga_*. Souvent injecté par un plugin SEO ou le thème, hors du contrôle du bandeau. - Meta (Facebook) Pixel — cookie
_fbp. Fréquent sur les sites qui font de la pub Facebook/Instagram. - Vidéos YouTube / Vimeo embarquées — chaque iframe pose des cookies dès l'affichage de la page, avant même un clic sur « lecture ».
- Google Maps, chats, A/B tests — cartes, widgets de messagerie et outils d'optimisation déposent aussi des traceurs.
Le test se fait en 30 secondes, sans outil payant : ouvrez votre site en navigation privée, ouvrez les outils développeur du navigateur (onglet Application > Cookies), et regardez avant de cliquer. Si _ga ou _fbp sont déjà là, votre bandeau ne bloque rien. Notre auto-diagnostic gratuit fait exactement ce contrôle et liste les scripts qui se chargent trop tôt.
Le registre des consentements : votre preuve
L'article 7.1 du RGPD impose de pouvoir démontrerque le consentement a été obtenu. Un bandeau qui recueille un choix mais n'en garde aucune trace vous laisse sans preuve le jour d'un contrôle ou d'une plainte. Le registre (ou journal) des consentements enregistre, pour chaque visiteur : la date et l'heure, les catégories acceptées ou refusées, et la version du bandeau affichée. C'est ce qui transforme « je crois être conforme » en « je le prouve ».
Installer un bandeau conforme sur WordPress, en 3 étapes
- 1
Installer un CMP qui bloque avant de mesurer
Sur WordPress, ajouter un plugin de consentement (CMP) qui empêche le dépôt des cookies et le chargement des scripts tiers tant que le visiteur n'a rien choisi. Le point clé : le blocage doit être actif dès la première page, pas seulement « déclaré ».
- 2
Régler les trois boutons au même niveau
Configurer le bandeau avec « Tout accepter », « Tout refuser » et « Personnaliser » visibles dès le premier écran, avec le même poids visuel. Un refus qui demande un clic de plus que l'acceptation est déjà non conforme.
- 3
Déclarer les scripts à bloquer
Recenser Google Analytics / GA4, Google Ads, le Meta (Facebook) Pixel, les vidéos YouTube et Vimeo, les cartes Google Maps, les chats et outils A/B. Chacun doit être conditionné au consentement de sa catégorie (mesure, publicité, réseaux sociaux).
- 4
Activer le registre et vérifier au navigateur
Activer la conservation de la preuve du consentement, puis ouvrir l'onglet Application > Cookies des outils développeur : avant tout clic, aucun cookie tiers (_ga, _fbp…) ne doit exister. Après « Refuser », toujours aucun. Après « Accepter », ils apparaissent.
Avec RGPD Express, ces étapes sont réunies dans un seul plugin : blocage automatique de Google Analytics, du Meta Pixel et de YouTube avantle clic, bandeau accepter / refuser / personnaliser au même niveau, et registre des consentements conservé. C'est précisément la combinaison — blocage réel plus preuve — qui manque à la plupart des configurations.
Les erreurs qui rendent un bandeau non conforme
- La case pré-cochée. Proposer les catégories publicité/mesure déjà activées par défaut. La CJUE l'a tranché dès 2019 (arrêt Planet49) : une case pré-cochée ne vaut pas consentement. Le consentement doit être un acte positif clair.
- Le refus plus difficile que l'acceptation. « Accepter » en un clic, « Refuser » caché derrière deux ou trois écrans. C'est exactement ce qui a coûté 150 M€ à Google et 60 M€ à Facebook en 2021.
- Les scripts qui tournent quand même. Le bandeau s'affiche mais _ga, _fbp ou la vidéo YouTube se chargent avant le clic. Sans blocage préalable réel, le bandeau ne protège de rien.
- Le scroll ou la navigation valant acceptation. « En continuant à naviguer, vous acceptez… » La CNIL est claire : la poursuite de la navigation ne peut pas être interprétée comme un consentement.
- Le cookie wall sauvage. Bloquer tout accès au site tant que l'internaute n'a pas accepté les traceurs publicitaires, sans alternative. Toléré seulement dans des conditions strictes — à éviter pour un site de TPE/PME.
Ces manquements ne sont pas théoriques : au-delà des amendes record de 2021, la CNIL avait déjà sanctionné Google (100 M€) et Amazon (35 M€) en décembre 2020 sur le dépôt de cookies sans consentement. Le sujet est une priorité de contrôle assumée, y compris sur des sites de taille modeste.
Le lien avec Google. Si vous faites de la publicité Google/Meta, un bandeau conforme ne suffit pas côté Google : il faut aussi transmettre les signaux du Consent Mode v2. Bloquer (exigence CNIL) et transmettre les signaux (exigence Google) sont deux choses distinctes — un bon bandeau fait les deux.
Questions fréquentes
Un bandeau cookies est-il vraiment obligatoire sur WordPress ?
Dès qu'un site dépose un cookie non strictement nécessaire — mesure d'audience non exemptée, publicité, bouton de partage social, vidéo YouTube embarquée — l'article 82 de la loi Informatique et Libertés impose de recueillir le consentement préalable. Un WordPress « nu » avec seulement les cookies de session n'a rien à demander ; dès qu'on ajoute Google Analytics, un Pixel ou une vidéo, le bandeau devient obligatoire. Les cookies purement techniques (panier, session, préférence de langue) restent exemptés.
Le bouton « Refuser » doit-il vraiment être au même niveau qu'« Accepter » ?
Oui, et c'est le manquement le plus sanctionné. En décembre 2021, la CNIL a infligé 150 millions d'euros à Google et 60 millions à Facebook parce que refuser les cookies demandait plusieurs clics quand les accepter en demandait un seul. La règle : refuser doit être aussi simple qu'accepter, dès le premier écran. Un bandeau avec seulement « Accepter » et une croix, ou un « Refuser » caché derrière « Paramétrer », n'est pas conforme.
Que veut dire « blocage préalable des scripts » ?
Que Google Analytics, le Meta Pixel ou une vidéo YouTube ne doivent poser aucun cookie ni charger aucune ressource tierce tant que le visiteur n'a pas accepté. Beaucoup de bandeaux « affichent » une bannière mais laissent les scripts tourner en arrière-plan : le cookie _ga ou _fbp est déjà déposé avant le moindre clic. C'est le piège le plus courant, et il rend le bandeau purement décoratif aux yeux de la CNIL.
Faut-il conserver une preuve du consentement ?
Oui. L'article 7.1 du RGPD impose de pouvoir démontrer que le consentement a bien été recueilli. Concrètement, cela veut dire garder une trace horodatée : quel choix, à quelle date, pour quelles catégories, avec quelle version du bandeau. C'est le registre (ou journal) des consentements. En cas de contrôle ou de plainte, c'est cette preuve qui fait la différence entre « je pense être conforme » et « je le démontre ».
Le « cookie wall » (accès bloqué si on refuse) est-il autorisé ?
C'est encadré, pas interdit en bloc. Le Conseil d'État a annulé en juin 2020 l'interdiction générale des cookie walls que voulait poser la CNIL, mais celle-ci évalue leur licéité au cas par cas : il faut notamment une alternative réelle d'accès au contenu. Pour un site de TPE classique, conditionner l'accès au fait d'accepter les cookies publicitaires est risqué et déconseillé. Mieux vaut un vrai choix libre.
Combien de temps garder le choix du visiteur avant de redemander ?
La CNIL recommande de conserver le consentement (et le refus) pendant une durée qui évite de resolliciter trop souvent : en pratique, beaucoup de sites retiennent le choix six mois. Redemander à chaque page ou à chaque visite est à la fois pénible pour l'utilisateur et interprété comme une tentative de « forcer » l'acceptation par lassitude — l'inverse d'un consentement libre.
Un bandeau cookies qui bloque vraiment, pas qui décore
RGPD Express : blocage préalable de GA, Meta Pixel et YouTube, bandeau accepter / refuser / personnaliser au même niveau, registre de preuve. 39 €/an pour 1 site.
Aide à la conformité & guide technique — pas du conseil juridique.